Loiperdinger, Martin: “Les images d’Hitler : confusion entre histoire et légitimation esthétique”, 21.02.08

Martin Loiperdinger:

“Les images d’Hitler : confusion entre histoire et légitimation esthétique”*

 

Résumé

Pour faire oublier la défaite « honteuse » de la Première Guerre mondiale, l’Allemagne doit reconquérir son statut de première puissance mondiale, tel est l’objectif principal du national-socialisme allemand incarné en la personne de Adolf Hitler. La démonstration emphatique de puissance lors des congrès du parti national-socialiste de Nuremberg exprime, sans la moindre ambiguïté, le culte de la personnalité du Führer. Pour propager l’idéologie du national-socialisme au sein de la population, Goebbels décide d’engager la cinéaste Leni Riefenstahl qui, à l’aide du tout récent film sonore, réalisera ce projet.

Dans son texte, Loiperdinger démontre comment Riefenstahl et son équipe d’opérateurs de « films de montagne » transforment des actions plutôt monotones en un spectacle dynamique et Hitler en une figure quasi religieuse, en un messie du peuple allemand (en particulier dans Le Triomphe de la Volonté). L’esthétique propre à ces films est caractéristique de la perception d’Hitler jusqu’à nos jours : les magazines télévisés modernes utilisent des extraits de films de Leni Riefenstahl comme s’il s’agissait de matériel « documentaire ». Il en résulte un mélange controversé de faits historiques et d’auto-mise en scène national-socialiste mais certainement pas une contextualisation critique du régime nazi et de ses stratégies de propagande.

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L’Empire allemand a perdu la Première Guerre mondiale. En 1933, les national-socialistes arrivent au pouvoir : leur but principal est de faire oublier la défaite. L’Allemagne doit redevenir la première puissance mondiale, et cela au moyen d’une victoire dans une nouvelle guerre, que l’on prépare consciemment. Les Allemands sont censés recevoir une éducation politique. Une opération qui a pour but de leur réclamer un engagement patriotique à cent pour cent, même au risque de leur vie. Il n’y a qu’une devise : “Du bist nichts, dein Volk ist alles” (“Tu n’es rien, ton peuple est tout.”) Nombreux sont les parades et les appels. Chaque année, le congrès du parti national-socialiste à Nuremberg en est le point culminant. Une gigantesque cérémonie de prestation de serment des recrues. Des centaines de milliers de civils en uniforme jurent fidélité au Führer Adolf Hitler. Et démontrent en quelque sorte que la vie au sein du Troisième Reich doit s’accommoder au principe de l’ordre et de l’obéissance. De fait, ces fêtes solennelles du congrès du Nuremberg sont la preuve évidente d’une disponibilité absolue. Des centaines de milliers d’Allemands y expriment leur volonté d’accomplir leur devoir sans le moindre égard pour soi-même : “Führer befiehl, wir folgen” (“Führer ordonne, nous suivrons”). Il faut que l’ensemble du peuple allemand suive leur exemple. Tel est le message de Nuremberg.

Parmi les médias, le cinéma s’avère donc le moyen le plus approprié pour enregistrer et propager ce spectacle. Le nouveau média, le film sonore, est non seulement capable de reproduire Hitler en image mouvementée mais aussi en son original. Goebbels espère que le succès des manifestations directes d’Hitler pourra s’accentuer par le film sonore. Le premier essai est pourtant un échec : l’appel d’Hitler au peuple allemand au palais des sports de Berlin le 10 février 1933 est tourné dans le style fatigant des films d’actualités de l’époque. Le film montre l’orateur Hitler à distance et ne donne que quelques rares images contre poids du public. Goebbels n’apprécie pas ce film. Afin que l’apparition d’Hitler fasse autant sursauter le public dans les salles de cinéma, il décide de faire faire un “film Hitler” – dans un style artistique nouveau. Goebbels ne s’attend pas à de nouvelles idées de la part des membres du parti. C’est donc ailleurs qu’il va chercher les talents pour son film sur Hitler. Comme l’on peut lire dans son journal, c’est le 16 mai 1933 qu’il trouve ce qu’il cherche : “Après-midi. Leni Riefenstahl. […] je lui propose un film sur Hitler. Elle en est enchantée.”(1)

Une décision surprenante : Goebbels choisit pour le film sur Hitler une femme qui n’est pas membre du parti. Mais cette femme a l’avantage en tant qu’externe de ne pas avoir à considérer une représentation proportionnelle du parti. Leni Riefenstahl fait en tout trois films sur les congrès du parti national-socialiste pour Hitler :

1933 Sieg des Glaubens (La Victoire de la Foi)

1934 Triumph des Willens (Le Triomphe de la Volonté)

1935 Tag der Freiheit – Unsere Wehrmacht (Le Jour de la Liberté – notre Wehrmacht)

Leni Riefenstahl n’est que responsable envers Hitler. Elle réalise ses idéaux artistiques “force et beauté” (Kraft und Schönheit) qu’elle met en place par une choréographie filmique des défilés de la SA et de la SS. Ce but dépend profondément de la manière dans laquelle sont filmés les congrès du parti.

La cinéaste constate rétrospectivement : “J’ai dû réfléchir avec quels moyens l’on pourrait élever le film au-dessus du niveau des films d’actualité. Ce n’était pas simple de réaliser un film fait de discours, de défilés et tant d’autres manifestations semblables qui n’embêteraient pas le public. […] La seule solution me semblait de faire documenter les manifestations le plus divers que possible. Le plus important étant d’enregistrer les motifs non pas de manière statique mais en mouvement.”(2)

Les films de Leni Riefenstahl établissent un nouveau style du documentaire politique. Afin que les spectateurs en salle puissent participer au congrès comme des visiteurs virtuels, la cinéaste fait faire des prises de vues des appels et des serments solennels de nombreux angles et de différentes positions de la caméra. Les opérateurs ont le privilège de filmer à proximité de l’acteur principal Adolf Hitler durant toutes les cérémonies et lors des discours. Jamais auparavant tant de gros plans ont été faits d’un politicien allemand que d’Adolf Hitler pour “Le Triomphe de la Volonté”. Les spectateurs en salle peuvent ainsi assister et observer le Führer de très près. Dans une société sans télévision cela suffit pour beaucoup d’Allemands d’aller au cinéma.

Les apparitions d’Hitler font l’objet de préparations dramaturgiques approfondies.(3) Riefenstahl broche des prises documentaires sur les congrès avec des éléments fictifs : à la table de montage elle met en scènes des rencontresqui en réalité n’ont pas eu lieu. Elle monte des gros plans de l’orateur Hitler avec des images des spectateurs. Un exemple : les discours que Hitler tient devant la jeunesse hitlérienne. La plupart des fois, les jeunes ont été filmés ailleurs. Pourtant le film suggère qu’ils écoutent attentivement le Führer. L’élément stylistique le plus important dans les films sur les congrès du parti national-socialiste est le culte de la personne du Führer. Point culminant dans ce culte à Nuremberg, la célébration des derniers honneurs à l’appel des sections d’assaut, SA et SS. Hitler reçoit les testaments des morts pour les transmettre aux vivants – en tant qu’ordre irrévocable se rapportant aux morts de la guerre.

Les discours à Nuremberg sont des rituels. Les partisans concluent chaque discours du Führer par un “Sieg Heil !” proclamé trois fois de suite. Il s’agit d’un serment de fidélité absolue : en souvenir des morts pour la patrie, les national-socialistes rassemblés pour l’appel promettent de risquer leur vie, partout et à tout moment, pour la nation, dont la volonté est représentée par le Führer. Le dévouement au Führer signifie donc qu’on est prêt à mourir pour l’Allemagne. Voilà en fin de compte le contenu politique le plus important du film de propagande « Le Triomphe de la Volonté ». Une affaire extrêmement désagréable : personne n’aime mourir pour la patrie – même pas à l’époque.

N’empêche qu’Hitler exige que chacun risque sa vie. Il a donc besoin d’une légitimation incontestable et il se la procure en se faisant passer, dans les discours de la SA et de la SS, pour le grand prêtre du culte des morts national-socialistes. La mise en scène cinématographique s’occupe du reste, en légitimant Hitler esthétiquement – de la première jusqu’à la dernière image. Il semble que Hitler et Goebbels n’avaient qu’à trouver la bonne partenaire pour accéder à la légitimation esthétique idéale du médium directif (Leitmedium) qu’est le cinéma à l’époque. La vaste bibliographie sur Leni Riefenstahl fête un génie artistique qui malheureusement a pris le mauvais parti. Mais autant que le pouvoir national-socialiste n’était pas l’œuvre unique d’un Hitler, la légitimation esthétique n’est pas non plus seulement l’œuvre d’une Leni Riefenstahl. “Le Triomphe de la Volonté” n’est pas un film d’auteur !

Les films sur les congrès de Nuremberg sont bel et bien le résultat d’une répartition stricte du travail. Les images sont prises sans scénario, de plusieurs caméras en même temps. Comparé aux productions de films de fiction en studio, ici la mise en scène ne peut pas contrôler les caméras. Chaque équipe est autonome sur son plateau. La cinéaste a donc besoin des opérateurs habitués au travail indépendant. Cette qualification est très rare chez les opérateurs des grands studios. Il existe pourtant dans le film de fiction allemand des années vingt un genre qui, dans sa substance, vit de prises de vues extérieures – tournées en nature. Ceci est le film de montagne formé par Arnold Fanck dans lequel les forces de la nature des Alpes jouent le rôle central. Les opérateurs des films de Fanck sont entrés dans les annales de l’histoire du film en tant que “l’école de Fribourg”. Leni Riefenstahl a joué le rôle principal dans six films de Fanck en montagne. Elle connaît donc très bien les opérateurs de Fanck par leur travail commun. Et elle fait ce que chaque cinéaste souhaite faire : elle engage ceux qu’elle connaît.

C’est donc ainsi que Leni Riefenstahl fait venir les opérateurs des Dolomites, du Mont-Blanc et de l’Engadine à la plaine de Nuremberg. Elle transpose ces opérateurs de films de montagne des grandes coulisses alpines dans les coulisses artificielles en plein air d’une mise en scène politique.

Opérer la caméra en montagne ne demande pas seulement un effort physique et sportif. Les changements rapides de lumière demandent aussi d’agir rapidement et de manière sûre. Pour pouvoir légitimer Hitler esthétiquement il est donc indispensable que les opérateurs de Riefenstahl puissent tirer l’optimum de la lumière naturelle. Ce n’est que de cette manière que la caméra arrive à sacraliser Hitler. L’on remarque la sacralisation surtout lors de son entrée à Nuremberg, son discours à la jeunesse hitlérienne et la parade sur la place du grand marché. En abusant de la lumière du soleil et en pratiquant des changements de perspective à l’aide d’angles de prise de vue et de distances focales peu communs, la caméra représente Hitler comme un rédempteur.

Lors de l’entrée d’Hitler dans la ville de Nuremberg, les zones d’ombre et de lumière se succèdent en alternance. Les contours sont ramollis de sorte que, dans le contre-jour du soleil, la tête et le dos de la main du Führer sont entourés d’un halo. Dans les gros-plans, la tête d’Hitler est de fait entourée d’une auréole lumineuse, tel un saint. Sa pose – debout dans sa Mercedes décapotable, le bras droit levé, la paume dirigée vers l’avant – renforce l’impression que la caméra évoque sciemment l’iconographie religieuse du Sauveur. Lors du discours à la jeunesse hitlérienne, Hitler est filmé de sorte qu’il se trouve dans l’ombre de la tribune. Vers la fin du discours, par contre, la caméra tourne lentement autour de lui de façon à ce que le Führer, qui se tient toujours derrière le microphone, voltige en quelque sorte de l’obscurité vers la lumière. Ce mouvement s’effectue juste au moment où Hitler prononce les paroles bibliques suivantes : “Parce que vous êtes la chair de notre chair, et le sang de notre sang.” Lors du défilé sur la place du grand marché, le bras droit levé de Hitler est filmé – d’en bas, en biais, et à l’aide d’un téléobjectif – de sorte que les hommes de la SA et de la SS passent sous la main du Führer comme sous un baldaquin. La main d’Hitler semble ainsi assurer leur protection. Vu d’un tel angle, la pose d’Hitler au cours de la parade équivaut, dans le film, à une bénédiction qu’il donne à “ses” hommes.

En raison de cette idéalisation cinématographique, Hitler apparaît comme le messie politique du peuple allemand. Aujourd’hui, une telle vénération sacrale semble un peu dépassée et donc bizarre. A l’époque, par contre, elle a des bases solides. Non seulement dans l’espoir qu’un “état puissant” puisse garantir une “économie saine” et mettre fin à la misère de la crise économique mondiale. Un espoir fondé, vu qu’une très grande partie de la population allemande croit que Hitler pouvait vraiment y réussir. La base réelle de la vénération sacrale du Führer s’explique par le fait que la personne de Hitler est dotée d’une autorité presque illimitée :

* Hitler se trouve à la tête du parti et du gouvernement, et cela d’une manière incontestable.

* Depuis la mort du Président du Reich, von Hindenburg, le 2 août 1934, Hitler est également Chef d’Etat et commandant en chef des forces armées.

* Enfin, il représente la cour de justice : lors de la “Nuit des longs couteaux”, le 30 juin 1934, la liquidation du commandement SA de Ernst Röhm et d’autres opposants montre clairement que Hitler avait déjà le droit de faire assassiner des gens sans que la justice entre en action d’une quelconque manière.

“Le Triomphe de la Volonté” est le film hitlérien par excellence. Le seul fait que Hitler se mette à la disposition de la réalisatrice, pour qu’elle puisse tourner ce long métrage, et qu’il assure le premier rôle fait que “Le Triomphe de la Volonté” soit un film unique. Aucun autre homme politique du vingtième siècle n’a osé l’imiter jusqu’à présent.

Ainsi, on peut dire que du point de vue esthétique, Leni Riefenstahl a contribué au mythe de Hitler. Même si l’on croit souvent que le succès politique du nazisme repose tout d’abord sur une propagande raffinée, il faut souligner qu’à l’époque, la légitimation esthétique d’Hitler n’est pas déterminante. En son temps, Hitler représente effectivement toute l’autorité de l’Etat fasciste. C’est la concentration d’un tel pouvoir en sa personne et c’est l’usage sans scrupules de la violence, pour que l’Allemagne redevienne une puissance mondiale, qu’ils ont abouti au mythe du Führer à l’époque.

Enfin, la Seconde Guerre mondiale a marqué son échec militaire. Mais sa légitimation esthétique n’en a pourtant pas souffert : grâce à la photographie et au cinéma, elle est conservée de façon durable, et comme ça elle a survécu au nazisme depuis maintenant un demi-siècle. Elle donne son empreinte à l’image d’Hitler qu’ont les générations suivantes. La télévision diffuse les images de propagande du nazisme comme s’il s’agissait de témoignages authentiques censés nous montrer ce qui se passait “réellement” en ce temps-là.

Or, “Le Triomphe de la Volonté” montre une toute autre vérité : à savoir la mise en scène du modèle parfait et absolu du nazisme, qui exige que la vie publique du Troisième Reich soit exclusivement soumise au principe de l’ordre et de l’obéissance. Lors des congrès du parti national-socialiste, cet idéal politique est présenté, et dans les films de propagande, il est encore une fois accentué esthétiquement. Ce qui explique le fait que, dans les documentaires historiques télédiffusés aujourd’hui, Hitler apparaît tel qu’il a bien voulu se voir représenté. Par son entrée en scène très médiatique dans “Le Triomphe de la Volonté”, le triomphe d’Hitler se poursuit en quelque sorte jusqu’à nos jours.

De sorte que l’image idéalisée du pouvoir nazi – telle qu’elle est si parfaitement bien illustrée dans « Le Triomphe de la Volonté » – se confond avec la réalité. Mais ceci ne joue aucun rôle dans le paysage démocratique des médias qui voient dans le système national-socialiste l’inverse absolu de la démocratie, l’oppression catégorique de l’individu sur laquelle celle- ci se fonde. Dans ce sens l’idéal national-socialiste de l’obéissance militaire absolue apporte à travers les congrès de Nuremberg l’adaptation iconographique pour maintenir l’image de l’ennemi de la démocratie. Les images de Nuremberg illustrent de manière convaincante les scripts des modérateurs sur le totalitarisme inhumain d’Hitler. Mais les images de Nuremberg négligent la réalité sociale et politique. Pourquoi tant d’Allemands ont voté pour Hitler, cette question retrouve la même réponse qu’il y a quarante ans : parce que Hitler les a séduit. Il semble que les électeurs n’ont pas fait leur calcul et qu’ils ont été pris par sa “magie” politique. Ainsi donc le débat allemand sur le nazisme est à nouveau dépolitisé et l’on ne parle que de psychologie et de faute morale. Exemple : la popularité de Daniel Goldhagen, qui représente ce point de vue sans nouveaux résultats de recherche.

« Le Triomphe de la Volonté » nous sert des images uniques quand il s’agit de croire comprendre le nazisme comme une séduction d’un peuple entier par un seul homme. Les médiateurs d’aujourd’hui peuvent en remercier Madame Riefenstahl, ce qu’ils font d’ailleurs à la fin de leurs émissions après avoir librement utilisé et travaillé les images de Riefenstahl à leur gré et convenant à leur idée d’Hitler. Entre-temps ces images ont été adaptées à l’esthétique télégénique des années quatre-vingt-dix. Les formats de télévision des années quatre- vingt- dix sont déterminés par l’esthétique des clips vidéo et de la publicité. Donc les images de Nuremberg sont adaptées, elles aussi, à l’esthétique du clip vidéo et de la pub. Il ne s’agit plus du tout de conscientisation politique, bien que les modérateurs le prétendent au début de leur émission. La façon dont ils utilisent ce matériel historique montre en fait l’inverse : Adolf Hitler devient un objet de divertissement de l’espèce “très méchant”.

Exemple : “Hitler – eine Bilanz” par Guido Knopp, production de la chaîne allemande ZDF diffusée par ARTE : les prises – qu’elles soient authentiques ou non – ne sont même plus citées en tant que matériel historique. Des réalisateurs de programmes couronnés de succès comme Guido Knopp ont depuis longtemps dépassé ce stade-là. Ils découpent les prises historiques documentaires en petits morceaux et en retirent des stéréotypes immédiatement reconnaissables qui peuvent être semés à gré dans n’importe quel contexte visuel et qui marquent symboliquement le pouvoir d’un séducteur inhumain. Le son y joue aussi un rôle : des colonnes laissent entendre la marche au pas botté, les discours d’Hitler sont morcelés et montés pour en faire un aboiement asynchrone. En même temps l’auteur de l’émission nous fait savoir à travers des marques musicales et de sons déformés : Hitler est le nazisme par excellence, un homme qui fait horreur, quelle chance qu’il soit mort depuis cinquante ans et quelle chance qu’il y ait tant d’images d’horreur de cet homme qu’on puisse en faire une série d’horreur chaque année.

Diffusé à la meilleure heure, ceci rapporte les meilleurs chiffres de spectateurs. Et cet homme a l’avantage envers tous ces personnages horribles de séries de fiction : il a vraiment existé et aucun autre méchant n’a laissé tant de morts derrière lui. Un tel personnage laisse effectivement monter les valeurs divertissantes du format histoire du temps. En conséquence, Guido Knopp a passé à un nouveau type de mise en scène quand il n’a pas de matériel historique qu’il souhaitait montrer pour sa dernière série « Hitlers Helfer » (Les amis d’Hitler).

Il les fait simplement jouer par des acteurs. Afin que ces bouts de fiction marchent avec les images documentaires et ne dérangent pas le ton de l’émission entière, Knopp a coupé les têtes des acteurs : on ne voit que bottes, jambes, bras, mains, dos etc. Cette représentation télégenique à la tête coupée est systématique : son but – le quota ; sa méthode – le divertissement. Le but permet usage de tout moyen. Le succès ne se calcule plus qu’en nombres de spectateurs. D’autres aspects ne comptent plus.

*Traduction française : Marie-Hélène Gutberlet et Gabrielle Seil

Endnoten

1 Die Tagebücher von Josef Goebbels. Sämtliche Fragmente, hrsg. von Elke Fröhlich, Teil 1: Aufzeichnungen 1924-1941, Band 2 : 1931-1936, 421. K. G. Saur, München, New York, London, Paris, p. 421.

2 Leni Riefenstahl, Memoiren, Albrecht Knaus Verlag, München. Hamburg 1987, p. 223-224. [Traduction provisoire selon l’original allemand de M.-H. G. et G. S.]

3 Voir Martin Loiperdinger, Rituale der Mobilmachung. Der Parteitagsfilm „Triumph des Willens“ von Leni Riefenstahl, Leske + Budrich, Opladen 1987, pp. 68-72 et pp. 83-90.

Une version complète du texte se trouve dans Merzeau, Louise/Weber, Thomas (dir.): Mémoire et Médias. Paris 2001 business credit card offer,best business credit card offercard credit free machine,free credit card machine,card credit free machine wirelessapply card credit linecredit card free balance transfer650 mp3 ringtones treofree ringtones for nextel phonedownloadable free mp3 ringtonescell music onto phone ringtonesfree kyocera ringtonesinfo nextel remember ringtones,cellular info nextel remember ringtones,i710 info nextel remember ringtonesfree cricket wireless ringtones,cricket ringtones,cricket info kyocera remember ringtones100 virgin mobile ringtones,100 mobile ringtones virgindownload nokia 3360 ringtonesalltel ringtones,free alltel cellular phone ringtones,alltel lg ringtonescaller hotlink malaysia maxis ringtones,hotlink caller ringtones,10 caller hotlink ringtones topdownload free ringtones to computerfree polyphonic ringtones downloadcrazy frog listen ringtonesdownload free music ringtonescell onto phone ringtonesfree ringtones for lg phonenokia ringtones,nokia 1100 ringtones,free ringtones for nokia phonearabic download free ringtonestotally free cell phone ringtonesfree samsung cell phone ringtonesfree ringtones maker softwaredownload free real ringtonesmotorola razr ringtones v3download free kyocera ringtonesfree motorola and nextel ringtones,free i530 motorola nextel ringtones,free motorola nextel ringtonesfree verizon real music ringtonesfree ringtones for alltel phonemobile mp3 phone ringtones,mobile mp3 ringtonesfree nokia ringtones and logocricket free ringtones wirelessphone ringtones,info personal phone remember ringtones,go phone ringtonesnokia 3360 free ringtonesdownload free mobile ringtonessprint cell phone ringtonestv theme ringtonesdownload free mp3 ringtonesyahoo ringtones,cingular ringtones yahoo,yahoo ringtones tamilcell free phone ringtones samsungfree ringtones for suncom phone,free ringtones for trac phone,free phone ringtonesgo phone ringtones100 free mobile ringtones3 free ringtones sidekickmetro motorola pcs ringtones,metro pcs pho ringtones,metro pcs ringtonesfree ringtones and wallpaper,free ringtones wallpaper game,free cellular one ringtones and wallpaperdownload free ringtones yahoo